avion-pluie

Les manuels de pilotage des avions donnent des distances d'atterrissage par temps de pluie. Par exemple, pour l'Airbus A340, selon qu'il y a moins de 3 mm d'eau sur la piste, entre 3 et 6, entre 6 et 13 les distances de freinage sont différentes.

Encore plus précis, le manuel du Fokker F28 qui détaille les états humides (moins de 1/10e de pouce soit moins 0,25 mm d'eau), pluie (de 0,25 à 0,76 mm), pluie abondante (de 0,76 à 2,54 mm) et hydroplanage (plus de 2,54 mm).

C'est très joli cette précision sauf que c'est complètent inefficace : quel aéroport peut donner la hauteur d'eau sur une piste de 1,5 km de long au millimètre près et encore pire au centième de millimètre près ? En plus, il suffit d'un coup de vent ou d'une averse soudaine pour que la hauteur de l'eau varie dans des proportions rendant erroné tout calcul du pilote. Du coup, pour éviter d'engager leur responsabilité, les aéroports ne communiquant pas les hauteurs d'eau sur les pistes aux pilotes.

De plus, il a fallu attendre 2006 pour que la FAA (l'autorité aéronautique américaine) se rende compte que les manuels des procédures de la moitié des compagnies aériennes imposaient au pilote de se renseigner sur les conditions météo de l'aéroport d'arrivée ... avant le décollage, mais pas en arrivant à destination !

- Allo ici le vol Paris New-York au départ de Charles de Gaulle. Quel temps fait-il chez vous ? ... Juste des nuages sur JFK mais il ne pleut pas ... OK c'est noté, on arrive.

Lu dans Les Décisions absurdes tome II, de Christian Morel, Editions Gallimard