Le 03 avril 2009
Il faut appliquer la loi sans réfléchir
Lu dans le Canard Enchaîné de cette semaine :
Les autorités ont refusé de délivrer une carte d'identité à un adolescent sous le prétexte que sur la photo, il ne respectait pas les consignes, à savoir la tête droite et les yeux bien ouverts.
Les autorités sont là pour appliquer la loi et pas pour tenir compte du fait que cet adolescent est tétraplégique et qu'il ne peut pas garder les yeux ouverts et la tête droite. Donc, circulez, z'aurez pas vos papiers !
Le 24 février 2009
Justice politique ?
Je ne sais pas si Yvan Colonna est coupable ou non du meurtre du préfet Erignac. Mais son procès tourne à la farce grotesque. Depuis que le ministère public a fait cité Didier Vinolas et qu'il a laché sa bombe sur ces deux suspects ignorés, c'est du grand n'importe quoi.
Nous avons un Président qui reçoit une lettre de la part d'un témoin et qui avoue ne pas l'avoir ouverte pour se garder la surprise du témoignage orale du témoignage de Vinolas. Quels grands enfants, ces magistrats, toujours à vouloir avoir des émerveillements ?
Nous avons des grands responsables politiquo-espionno-judiciaires qui viennent expliquer tous en choeur que Vinolas, il ne faut pas l'écouter, il est aigri, il est obsédé par la mort d'Erignac. Par contre, quand il y en un qui dit qu'effectivement à la demande de Vinolas, il a rencontré untel ou untel, ce dernier dément avoir rencontré qui que ce soit. Ca fait désordre ...
La palme revient à M. Poirson, ex-membre de la Direction centrale des Renseignements Généraux qui déclare qu'il n'a jamais été mis en contact avec M. Yves Bot contrairement à ce que disent M. Vinolas et M. Bot. Et d'ajouter qu'il n'a même jamais entendu parler d'Yves Bot, procureur général de Paris, à qui le pouvoir avait filé l'affaire Casetta (trésorerie occulte du RPR) et celle des emplois fictifs du RPR. Bref, un type qui faisait la Une du Canard Enchaîné une semaine sur deux, et ce membre éminent du Renseignement français explique benoîtement qu'il n'en a jamais entendu parler ...
On comprend mieux les réticences de M. Poirson à admettre son entrevue avec M. Bot. D'après ce dernier, le policier barbouze à la retraite demandait entre 300.000 et 400.000 euros pour ses informations. Belle mentalité !
Etant donné que les déclarations contradictoires de Vinolas, Bot et Poirson ont été faites sous serment, comment le Président de la Cour d'Assise peut-il s'en sortir autrement qu'en confrontant les trois ?
Bref, on avait la défense de Colonna qui criait au procès politique, au procès inique. Et au lieu de blinder le dossier, le ministère public et les magistrats accumulent les bourdes qui donnent raison à la défense.
Le 28 janvier 2009
Dans quel monde vivons-nous ?
Elle s'appelle Gudelcia. Elle est congolaise. Sa mère qui a fui son pays et qui ne l'a pas vue depuis 3 ans a essayé de la faire rentrer en France avec de faux papiers. Gudelcia a été arrêtée, mise en zone d'attente (équivalent des centres de rétention pour ceux qui sont arrêtés à Roissy en zone internationale). La mère de Gudelcia a été arrêtée, puis libérée car elle est enceinte. Son domicile a été perquisitionné.
Après 3 jours en zone d'attente, Gudielca a été présentée devant le Juge des Libertés et de la Détention. La juge a constaté que la Police des Airs et des Frontières avait noté que Gudielca avait refusé de signer son procès-verbal d'interpellation.
Gudielca a 5 ans.
Gudielca a été libérée et remise à sa mère.
http://sanspapiers.blogs.liberation.fr/sans_papiers/2009/01/sans-papiers--1.html
Le 25 janvier 2009
Perspective
Notre présidieu nous a expliqué avec une conviction assumée qu'il était absolument nécessaire de filer du pognon aux banques parce que sinon l'économie française allait se casser la figure et que le chômage allait frapper toute la population.
Puis notre présidieu a entamé un bras de fer avec ces mêmes banques pour que leurs dirigeants renoncent à leurs bonus sur résultats : "Si vous gardez vos bonus, je vous file pas le pognon !"
Donc notre nain de jardin national a pris en otage la santé financière de tout un pays contre la rémunération d'une dizaine de dirigeants d'entreprise. Heureusement que les patrons de banque ont un sens civique un peu plus élevé que celui du mari de la chanteuse et qu'ils ont accepté de renoncer à leur bonus !
Le 23 janvier 2009
Et c'est avec nos impôts
Mr X. fait ses courses au supermarché. Il achète des noix de cajou en vrac et, un peu distrait, oublie de les peser. Arrivé devant la caissière, il se rend compte de son oubli et lui avoue spontanément qu'il a pioché dans le sac de noix pour environ la moitié. Il se propose de payer ce qu'il a mangé dans le magasin.
La sécurité du magasin est appelée, Mr X. est conduit dans la salle de rétention des délinquants et une plainte est déposée. 15 jours après, 2 gendarmes se rendent au domicile de Mr X. pour lui relever ses empreintes ADN. Puis il est convoqué au commissariat pour une audition de 2 heures. Son dossier est transmis au parquet, qui après réflexion de plusieurs jours, décide de ne pas poursuivre.
Le montant du crime qui a mis toute cette machine judiciaire en branle : 88 centimes d'euros.
Le 23 décembre 2008
Des détenus méritants
Alors qu'il est opposé aux grâces collectives, notre omniprésident a demandé à sa ministre de la Justice et des bijoux associés de lui fournir une liste de 40 détenus particulièrement méritants qui seront grâciés en cette fin d'année.
Et ô surprise, l'ex préfet Marchiani, condamné à trois ans de prison pour corruption et incarcéré depuis le mois de mai dernier va bénéficier d'une grâce partielle réduisant suffisament sa peine de prison pour qu'il puisse demander une remise en liberté provisoire qui, sans aucun doute, lui sera accordée.
C'est quand même bien d'avoir des amis haut placés !
Concordance de dates : le très dangereux terroriste Coupat à qui la justice reproche d'avoir posé des fers à bétons sur les lignes TGV restera lui en prison préventive. Tant pis s'il n'y a pour l'instant aucune preuve et si la préventive ne doit, selon la loi, être utilisée qu'exceptionnellement.
Le 15 décembre 2008
Une lézarde de plus dans la finance
Allez ! Encore un scandale de plus dans la finance !
Voila donc un ancien patron du NASDAQ (l'une des bourses de Wall Street spécialisée dans la haute technologie) qui avait monté un système d'épargne absolument génial. "C'était magique", indique Alexandre Capez, trader chez Nomura à Londres, évoquant des promesses de rendement d'une régularité stupéfiante, de l'ordre de 7 % à 11 % par an..." (Le Monde). Et comme la Commission américaine chargée de surveiller ces systèmes d'épargne n'a pas le personnel suffisant, comme le patron était un ancien responsable, personne ne s'est renseigné et tout le monde a fait confiance. Personne ne s'est jamais demandé comment il pouvait trouver des placements avec des rendements extraordinaires uniquement avec 3 employés septuagénaires.
Ben oui, c'était magique : sauf que c'était une arnaque. Tout cela était de l'argent virtuel. Vos économies qui augmentent de 7% par an, c'était uniquement sur le papier. Et quand un type voulait sortir du fond et récupérer ses billes, il suffisait de piocher dans les dépôts des autres épargnants. Et il semblerait également que l'argent des épargnants "moyens" servait à rémunérer les quelques clients les plus riches.
Pourtant depuis 2 ans que ce fond Madoff existe, les signaux d'alarme ont été tirés. Par exemple, certains ont remarqué que sur les 200 mois d'existence, il n'y en a eu à peine que 4 où il a indiqué avoir des rendements négatifs. Ce qui, statistiquement, est impossible, à moins d'être l'Einstein de la bourse (et encore, Einstein s'est probablement planté plus que ça). Et finalement, c'est le propre fils de Madoff qui a dénoncé son père au FBI ...
Donc allons-y, encore quelques milliards de dollars qui partent en fumée (ou du moins qui n'ont jamais existé) : 450 millions d'euros pour Natixis, 350 pour BNP Paribas, 750 pour HSBC, une dizaine de milliards pour les banques suisses, ... Quelques associations caritatives (dont celles d'Elie Wiesel et de Steven Spielberg) qui avaient confié leurs économies à ce monsieur Madoff se rendent compte qu'elles n'ont pas l'argent qui leur était annoncé.
Ce genre d'arnaque passait plus ou moins inaperçue parce que le monde de la finance ne pouvait pas (ou ne voulait pas) voir. A cause de la crise financière, les banques sont obligées de regarder un peu ce qu'elles ont dans leurs comptes. Et c'est quand la marée descend qu'on voit les nageurs qui n'ont pas de maillot ! Gageons que ce n'est pas fini et qu'il va en sortir quelques autres, des scandales comme ça.
Le 03 décembre 2008
Il faut lire toutes les lignes
Pour justifier sa politique ultra répressive envers les enfants délinquants, la ministre de la Justice et Chaumet réunis invoque un rapport de l'ONU qui fixe à 12 ans l'âge d'emprisonnement des mineurs.
Ce qu'elle n'a pas bien compris (comme lui a fait remarqué une ancienne ministre de la Justice), c'est que le rapport de l'ONU suggère d'augmenter à 12 ans l'âge minimal d'emprisonnement pour les pays qui foutent en tôle des gamins encore plus jeunes, pas de l'abaisser à 12 ans quand l'âge minimal est supérieur à 12 ans.
Le 02 décembre 2008
Comme quoi il ne faut pas parler trop tôt
Dans l'histoire du journaliste de Libération menotté, déshabillé, fouillé, incarcéré pour une simple amende que règlera son journal s'il est condamné, les ministres de l'Intérieur et de la Justice sont de suite montées au créneau pour expliquer que tout s''était passé dans des conditions absolument normales et que ceux qui en rajoutaient sont des vilains gauchistes non mais !
Elles n'ont toujours pas compris, ces dames, qu'on ne commente pas ce genre de décision avant d'avoir demandé son avis au chef. Elles ont l'air fin maintenant que l'omniprésident a "compris l'émoi" provoqué par cette arrestation et demandé la mise en place d'une commission chargée de réfléchir à "une procédure pénale plus respectueuse des droits et de la dignité des personnes".
Quant au Premier Ministre (si si, il paraît qu'on en a un), il dit qu'il a été "choqué par les conditions dans lesquelles M. de Filippis a été interpellé".
Ca va être sympa l'ambiance du conseil des Ministres demain matin. Sûr qu'à la sortie, il y en aura deux qui diront qu'on les a mal comprises et qu'elles ont le soutien complet de leurs patrons.
Le 27 novembre 2008
Cachez ces pauvres que je ne saurais voir
M'dame Boutin voulait contraindre les SDF à aller dans des abris. Elle voulait reprendre un thème de l'omnicandidat maintenant omniprésident : "D'ici 2 ans, plus aucune personne ne dormira plus dans la rue. J'te le jure sur la tête' de ma femme ... elle est pas belle ma femme ?".
Loupé, M'sieur L'omniprésident. Non seulement, il y a encore des tas d'hommes et de femmes qui dorment dans la rue, mais en plus, vous n'avez rien fait pour améliorer leur situation.
Alors M'dame Boutin, comme elle trouve que ça la fout au mal au JT de TF1 de voir des mecs morts de froid, elle veut les obliger à aller se foutre sous un toit. Pas de traitement du problème des sans-abris, mais juste les cacher pour que les journalistes n'en parlent plus.
De plus, il y a juste un truc qu'elle a oublié : pour obliger quelqu'un à aller à tel ou tel endroit, il faut une décision de justice. Et toute ministre qu'elle est, elle n'a pas ce pouvoir. Surtout que le délit de "vagabondage" n'existe plus depuis 15 ans.