Esprit du vinaigre

Des réactions acides à une actualité qui ne manque pas de sel

Le 03 mai 2007

Démocratie Européenne

L'agriculture bio, ce ne sont pas seulement quelques baba-cools soixante-huitards qui élèvent des chèvres dans un coin perdu du Périgord. Ce sont également de grands groupes agro-alimentaires, soit spécialisés, soit généralistes tels que Danone.

Et l'une des préoccupations de ces groupes, c'est d'avoir le label bio, mais sans se faire suer à faire du bio : c'est lourd, c'est contraignant, le rendement n'est pas terrible, ... Mais il y a de plus en plus de primes.

D'où, fort logiquement, des actions de lobbying auprès des autorités européennes et plus particulièrement de la Commission Européenne. Celle-ci vient donc de pondre une directive qui autorise jusqu'à 0,9% d'organismes OGM dans l'alimentation bio et qui autorise l'usage des pesticides chimiques si l'agriculteur n'arrive pas à se fournir en produits naturels.

Problème pour la Commission, c'est que les députés du Parlement Européen vient de refuser ces dispositions : zéro pesticide et pas plus de 0,1% d'OGM dans la bouffe bio (limite technique de détection). Ils demandent également la codécision sur la réglementation des produits biologiques, ce que leur refuse la Commission Européenne et le Conseil Européen. Ils ont également demandé que les Etats puissent avoir des normes plus élevées que les normes minimales européennes : là aussi, grincement de dents à la Commission.

Bref, c'est un beau blocage, mais avec un avantage à la Commission qui a des possibilités de passage en force. Ca ne vous choque pas que le Parlement Européen, composé d'élus au suffrage universel direct soit obligé de négocier avec des fonctionnaires non élus ? Elle est où la démocratie là dedans ?

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Le 17 juin 2005

On a rien compris

Les présidents en exercice du Conseil, de la Commission et du Parlement européens sont venus hier soir expliquer que les français et les hollandais n'avaient rien compris : nous aurions voté contre l'Europe qu'on a actuellement et pas contre l'Europe qu'ils proposaient ! Nous ne nous sommes pas aperçu que ce texte était bon, qu'il est le meilleur possible et qu'il n'y en aura pas d'autre. Ce n'est pas complètement faux, mais l'un n'empêche pas l'autre : pas mal de gens ont voté à la fois contre le fonctionnement de l'Europe telle qu'il est aujourd'hui et contre le fonctionnement proposé dans la continuité.

Cela dit, pour que les autres peuples s'aperçoivent des bienfaits du texte, on va laisser à chaque pays qui n'a pas encore voté le temps de tout bien expliquer, avec des mots simples, histoire qu'ils ne se trompent pas quand ils iront voter. Les trois présidents ont expliqué tout ça très clairement : à chaque pays qui a choisi la voie référendaire de déterminer quand son opinion publique est prête à voter Oui pour fixer la date du référendum.
Je propose qu'on laisse les bureaux de vote installés en permanence, et comme les fenêtres météo pour les lancements de fusée, on aurait des fenêtres référendaires "Allo Houston, je confirme une éclaircie dans les sondages à 53% de Oui entre 14h30 et 16h45 ! Appel à la population, vous devez voter cet après-midi !".

Et puis pour les peuples qui ont déjà voté, par voie réfendaire ou parlementaire, il y aura aussi des grands débats. Ils appellent cela le plan D comme Démocratie et Débat. Quel intérêt ? Je ne vois pas ! Et puis si en Allemagne ou en Espagne (deux pays où le débat a été quasiment absent), après ce grand débat démocratique, les peuples s'aperçoivent que la Consitution votée par les parlementaires pour les uns ou par référendum par les autres n'est pas si bien que ça, que va t'il se passer ? Ils annulent leur ratification ?
Parce que nos trois présidents n'envisagent qu'une seule hypothèse : le débat conduit forcément les populations à dire Oui au texte. Ils ne se sont pas rendus compte que c'est justement en France et aux Pays-bas que le débat a été le plus actif.

Quant à ces deux pays qui ont déjà voté non, il n'a jamais été dit explicitement que nous devions revoter. Mais c'était largement sous-entendu. Loupé ! A la fois les autorités françaises et néerlandaises ont dit que le peuple souverain s'étant exprimé, il était hors de question de le faire voter une seconde fois. Donc on reporte à 2007-2008 le problème de la validation ou de l'enterrement de cette Constitution.

Etrange comportement donc.


Et étrange comportement de ce chamaillage à propos du budget (on met cela aussi sur le rejet de la Constitution). Comme l'expliquait une députée européenne UDF, chaque pays veut recevoir comme subvention de l'Europe exactement la somme qu'il apporte au budget "Je donne 100 et donc je veux recevoir 100". C'est débile, autant garder les sous pour soi, ça fait des frais de gestion en moins !

Chirac est en train de faire suer les Anglais à propos de la réduction de cotisation qu'ils ont depuis 20 ans. Il faudrait être un peu prudent là-dessus, car la contribution anglaise est supérieure à la française en milliards d'euro, mais également en pourcentage du PIB. Ils ont beau jeu de dire "Commencez à donner autant que nous avant de nous gaver avec notre réduc !"

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Le 04 juin 2005

Appelez moi l'architecte !

Jack Lang et Moscovici évoquent des problèmes de fissure et de fondations dans la maison Europe à cause du vote Non. Lorsque des fissures apparaissent subitement dans un édifice, c'est qu'il y a un problème de construction. Et si la maison ne tenait jusque-là que grâce à la peinture ? Finalement ce n'est peut-être pas si mal que l'on s'en rende compte avant que la maison s'écroule tout d'un coup, une nuit, avec 450 millions d'habitants dedans.
En tout cas, cela donne des idées et des impulsions nouvelles (pas au niveau du Gouvernement français hélas). Moscovici par exemple, veut que le chomage soit attaqué au niveau européen pour redonner espoir aux peuples et que l'Europe fasse à nouveau rêver. Sur France Culture, un prof de fac italien pose comme diagnostic que nous n'avons pas fini de digérer l'entrée de 10 nouveaux membres : digestion budgétaire et digestion aux niveaux des opinions publiques des uns et des autres.

Effectivement, en mêlant ces deux réflexions, on s'aperçoit que nous ne formons pas UNE équipe : nous sommes en train d'essayer de nous piquer le ballon "emploi" entre nous au lieu de faire front contre l'équipe mondiale des pays hors UE à bas niveau de salaire. C'est peut-être ça aussi que les électeurs ont sanctionné : le coup du "plombier polonais"(1) était très caricatural, mais les emplois qui partent à l'Est, dans des pays aux niveaux de salaire peu élevés, ça ne fait pas équipe soudée : les membres de l'équipe Europe se filent des coups de pied dans les tibias.

Autre réflexion, celle-là un peu plus inquiétante du prof italien : selon lui, rien ne pourra se faire rapidement du fait d'échéances électorales en Allemagne, Italie et France. Du coup, je me dis que statistiquement, dans une Europe à 25, il y a toujours des échéances électorales quelque part. S'il faut attendre qu'il n'y en ait plus pour avancer, ce n'est pas demain la veille que ça va bouger.

(1)Au fait, ce n'est pas sur ces pays qu'il faut taper, mais sur les industriels de l'Ouest qui vont mettre leurs usines ou leurs bureaux d'étude dans ces pays.

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Le 30 mai 2005

Et maintenant, au boulot !

J'ai vaguement regardé la soirée électorale d'hier soir et entendu certains socialistes, partisans du Oui, déplorer que le message envoyé par les électeurs n'était pas clair, entre un non social de gauche et un non souverainiste de droite. Mais depuis quand les socialistes ont-ils à se préoccuper des aspirations des électeurs de droite ? Occupez-vous des votres et de leurs demandes ! Laissez De Villiers et Le Pen gérer leurs propres électeurs ! Laissez ce discours aux gens censés être au-dessus de la mêlée comme le président de la Commission et le président du Conseil européen que l'on a entendu hier soir dire qu'ils étaient désarçonnés par la multiplicité des messages contenus dans les Non.

Soit dit en passant, s'ils sont désarçonnés dès que les électeurs envoient des messages pas clairs, faut qu'ils changent de métier ! La politique, c'est s'occuper de femmes et d'hommes, pas de machines binaires.

Cela dit, j'ai eu l'impression que les socialistes non-istes d'hier soir n'avaient pas encore compris que la campagne électorale était terminée et qu'il fallait maintenant s'occuper de demain : les arguments sur les dificultés à venir, sur les 9 autres pays qui ont déjà ratifié, ... c'était AVANT. Et ça n'a pas convaincu.

J'aurais aimé entendre un discours du type : "Nous avons fait campagne pour le Oui, parce que le référendum interne au PS avait donné une majorité de Oui. La majorité des électeurs de gauche (y compris sympathisants du PS) ont rejeté ce modèle d'Europe, donc nous allons maintenant travailler à répondre à leur demande." J'ai entendu Mme Buffet dire qu'avec les non-istes de gauche, ils allaient travailler à une contre-proposition de traité  : eh bien, M. Hollande et Mme Voynet, allez-y aussi ! Vous avez sûrement plus de points communs avec Mélanchon, Emmanuelli et Buffet qu'avec Sarkozy et Chirac. Allez aider à construire une alternative de gauche pour une Europe sociale : ça n'en n'aura que plus de poids, d'abord en France, puis auprès des partenaires de la France. Puisque vous jugez que certaines des revendications des non-istes de gauche étaient irréalistes, allez-y pour leur mettre un peu de jugeotte dans la tête, pour freiner certaines ardeurs et pondre un texte commun, qui soit accepté par l'ensemble de la gauche. Ca aurait de la gueule, non ?

Ah oui, j'oubliais ! on ne peut pas renégocier, donc c'est pas la peine. Et alors ? Depuis quand les hommes politiques n'écrivent des programmes politiques que lorsqu'ils sont sûrs que ça va être adopté ?

A moins qu'il y ait une rupture à gauche et que désormais, une partie du PS soit désormais plus proche du centre droit que de la gauche. Mais là, c'est grave, parce que ça fait plusieurs fois que les français disent qu'ils en ont marre du centre mou, des hommes politiques dont on ne sait plus s'ils sont de gauche ou de droite, qui votent contre une loi quand leur parti est dans l'opposition, mais qui l'adoptent dès qu'ils sont au pouvoir. Et donc, on va continuer de plus en plus dans la montée des extrêmes. Jusqu'où ?

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Le 21 mai 2005

Grotesque

Est-ce parce que Raffarin est au plus bas des sondages qu'il se dit qu'il n'y a plus rien à perdre et qu'il tombe dans le grotesque ?

Il vient de demander aux Français de ne pas être frigide avec l'Europe ! Donc selon lui, ce sera l'orgasme assuré si vous glissez un bulletin Oui dans la fente ... Oh oui, oui, oui, ouuuuii, ouuuuuuuui !!!

Et puis sur un autre registre, les opposants au traité deviennent chez notre PM des "révisionnistes de droite et de gauche". Pourquoi pas des SS tant qu'il y est ?

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Le 19 mai 2005

Faut pas tout inverser

On entend ici ou là qu'il ne peut pas y avoir de renégociation en cas du victoire du Non parce qu'il faudrait satisfaire les exigences d'un Non de gauche (sous entendu avec des exigences plus sociales) et un Non de droite (avec des exigences plus souverainistes).

Effectivement, si c'est l'objectif des renégociations, on ne pourra pas satisfaire simultanément l'un et l'autre camp. Et, de manière schématisée, j'ai l'impression que si le Non l'emporte avec 53% contre 47%, les gens imaginent que les renégociations doivent mener tous ceux qui ont voté Non à voter Oui et à tous ceux qui ont voté Oui à voter Non.

Mais ce n'est pas ça : renégociation signifie modifier le texte pour qu'une partie de ceux qui ont voté Non vote maintenant Oui, mais sans faire basculer trop de votants du Oui dans le camp du Non. En gros, convertir 10% de non-istes en essayant de ne pas perdre plus de 5% de oui-istes. Mais se débrouiller pour avoir maintenant plus de 50% des gens qui trouvent le texte acceptable.

Avec ce type d'hypothèses, on peut raisonnablement penser que ce n'est même pas la peine de s'occuper des demandes de  De Villiers ou de Le Pen. De toute façon, quelque soit le texte présenté, eux et leurs électeurs voteront majoritairement non. Raisonnement identique avec l'extrême gauche.

Ce n'est pas la peine non plus d'essayer de convertir le texte pour satisfaire plus de gens de l'UMP qui sont déjà majoritairement favorables au traité. Non, le réservoir des voix est ailleurs : chez les électeurs de sensibilité socialiste, écologiste, voire même certains communistes modérés. Simple question de bon sens : il doit tout à fait être possible de satisfaire ces électeurs ou simplement une partie d'entre eux sans faire fuir les autres.

Oh bien sûr, ce ne sera pas facile. Mais davantage, en tous cas que les prédictions de certains "on ne peut pas renégocier parce que le Non est multiforme et qu'il faudrait satisfaire tout le monde".

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Le 18 mai 2005

Moi, ça me va

Franco Frattini, Commissaire Européen chargé de la justice, de la sécurité et des libertés a déclaré au Figaro le 26 avril dernier :

Le Figaro. Que se passera-t-il en Europe si la France vote non au référendum sur la Constitution ?
Franco Frattini.
Sur le plan politique, d'abord, ce sera bien plus grave qu'un non britannique, car le processus d'intégration européenne va se bloquer. Ce blocage durera dix-huit mois ou plus encore. L'Europe ne pourra pas aller plus avant sans la France. Sur le plan juridique, ensuite, le Conseil européen n'a pas évoqué clairement les conséquences d'un rejet du traité par un ou plusieurs pays. Mais avec un non français, il sera difficile de continuer à parler de Constitution, ou de traité constitutionnel. A mon avis, on va devoir rouvrir le débat public européen. Si la France, pays fondateur, vote non, cela démontrera qu'il y a un déficit de légitimité populaire en Europe. Il faudra alors engager le débat bien plus largement, notamment avec les Parlements nationaux.

Ca change des discours catastrophistes qu'on nous sert trop souvent. Qu'est-ce qu'il nous dit ?

Un) Qu'il n'y a rien de vraiment prévu en cas de Non français, mais qu'il va falloir recommencer à discuter. Ce n'est pas un plan B, ce ne sont pas des renégociations, mais ce n'est pas l'apocalypse annoncée. Qui peut vraiment croire qu'en cas de Non français, l'Europe ne va rien faire, rien discuter : vous avez voté Non, alors on boude !

Deux) Que le débat devra se dérouler en Europe et pas seulement en France. Un Non français est également représentatif d'un Non européen.

Trois) Que si les politiques se sont mis d'accord sur un texte qu'ils pensaient acceptables (cf VGE : nous avons discuté pendant des mois et nous avons examiné des milliers de propositions), mais que les électeurs n'en veulent pas, c'est que ces politiques ne représentent plus qu'eux même. Et pas seulement en France !

Quatre) Que si on veut que les peuples européens acceptent un texte censés régir leur vie, il faut leur demander leur avis. Et cet avis sera donné par leur représentant directement élus (les parlements) après peut-être la réduction du "déficit de popularité".

Tout cela me paraît vraiment de bon sens et c'est ce genre de discours que j'aimerais entendre plus souvent. Malheureusement, ce genre d'argument ne fait pas assez peur puisqu'il explique qu'il y a toujours une porte de sortie.

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Le 04 mai 2005

Petits mots qui veulent dire beaucoup

Chirac hier, comme s'il énonçait une évidence : "on a négocié longtemps et on irait dire à nos partenaires qu'on ne veut plus de ce traité, soyons sérieux, voyons ..."

J'aime bien ce "plus" !

Il y a des glissements subtils chez M. Chirac : La France a dit Oui, maintenant elle dit Non, donc elle est inconsistente et elle ne peut pas être prise au sérieux. Sauf que dans les deux termes, il ne parle pas de la même France : celle des dirigeants d'un côté, celle des électeurs de l'autre. Et dans sa bouche, la deuxième devrait s'adapter aux décisions de la première.

Sauf que dans une démocratie, c'est l'inverse et si M. Chirac s'est engagé un peu à la légère face aux autres dirigeants, c'est son problème, pas le notre.

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Le 02 mai 2005

Et bien voila, fallait juste que ce soit dit

  • Dans un blog consacré au débat sur la Constitution, j'ai enfin trouvé, dans un échange entre deux participants, l'argument qui me convient et me conforte.

Argument d'un pro-Oui :

  • mais sur quelle planète habitez vous ? réveillez vous ! c'est l'Europe. celle des lobbies, celle des capitalistes , celle du manque de démocratie. et je suis désolé pour vous, mais voter NON ne va rien changer à cette affaire.

Réplique d'un pro-Non :

  • je vais voter Non, parce que ce n'est pas l'Europe, ni le Monde que je veux pour moi et mes enfants ! Parce que les mecs qui nous amené jusque là, ce sont les mêmes qui nous proposent de continuer à voter Oui. Je ne crois pas aux miracles, et donc je ne crois pas qu'ils ont reçu un signe divin qui les amène à un repentir et à un changement d'attitude.

Alors là, je dois avouer que le Non marque un point important dans ma tête : effectivement, l'Europe qu'on nous présente, c'est celle issue de l'imagination d'un VGE et qui est soutenue par un Chirac et un Jospin. Si nous sommes dans ce déficit démocratique, dans cette incompréhension entre ce qu'on appelle les élites politiques et la population, c'est grâce ou à cause d'eux. Il est illusoire de penser que ces mêmes personnes vont se taper un virage mental à 180° pour nous emmener vers une Europe des citoyens, démocratique et participative.

Parce qu'en plus, ces mêmes partisans du Oui expliquent, pour rassurer, que le Traité actuel reprend à 95% ce qui existe déjà. Tout ce cinéma et toute cette dramatisation pour en gros rester là où en est aujourd'hui ! Quelle dérision !

Je pense qu'effectivement, quelles que soient les raisons, bonnes ou mauvaises, une partie des voix du Non va être : Non à l'Europe de demain telle que vous nous la présentez mais aussi Non à l'Europe d'aujourd'hui telle que nous vous l'avons laissé faire.

Le fil du blog Publius sur ce sujet

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Le 29 avril 2005

Observations

M. Chirac récupère l'Airbus comme une grande réussite de l'Union Européenne et de la Constitution. Génial, elle n'est pas encore adoptée qu'elle a déjà des effets positifs.
De mémoire, il me semble que la seule fois où Bruxelles s'est mêlée des affaires d'Airbus, c'est pour l'empêcher de racheter le constructeur italien des avions ATR sous prétexte de risque de monopole. Et pendant ce temps, Boeing rachetait Loocked sans bien sûr que le gouvernement américain juge que cela risque de nuire à la concurrence.

Une PME alsacienne vient de licencier 9 employées. Comme la loi l'y oblige, elle leur a proposé des mesures de reclassement : dans une filiale en Roumanie pour 110 euros par mois ! Le PDG a indiqué que les employées étaient libres de refuser.
C'est cela aussi l'Europe.

Pour le troisième mois consécutif, le chomage vient d'augmenter. Pourtant, Raffarin persiste à dire que son objectif, c'est une baisse significative du chomage que la conjecture pourrait reporter en 2006. Voire en 2007, 2008, 2009 ...
Le chomage finira bien par baisser un jour : et là, le gouvernement pourra se glorifier d'avoir tenu ses engagements.
A remarquer : les prochains chiffres du chomage vont tomber dans un mois, la veille du référendum. Si jamais il y a une baisse, ce serait du mauvais esprit de penser que ce serait un pur hasard. D'ici qu'il nous refasse, en plus, le coup des otages libérés la veille de l'élection ...

Chez les Verts : Le Conseil National avait décidé qu'aucun Vert ne ferait campagne pour le Non et que ceux qui feraient campagne pour le Oui ne devraient pas le faire avec d'autres partis. Puis, le Collège Exécutif avait décidé de permettre aux Verts de faire campagne pour le Oui ou pour le Non. Mais le CE vient de revenir sur sa décision. D'où tollé chez ceux qui étaient d'accord avec la première décision et chez ceux qui sont d'accord avec la deuxième. A moins d'un CE extraordinaire, la prochaine réunion a lieu le 17 mai c'est à dire  12 jours avant le vote : il sera encore temps de changer encore d'avis.
Chez les Verts, rien n'est jamais simple. A part quelques Verts lucides qui s'arrachent les cheveux, tous les autres ont l'air de trouver ça normal. Et nous, ça nous fait bien rire !

Mme Simone Veil, membre du Conseil Constitutionnel a décidé de se mettre en congé du 1er au 29 mai pour pouvoir faire campagne pour le Oui. C'est pratique, cette technique de la mise en congé : du coup, plus d'obligation de réserve, je suis en congé, nananère !
De Villiers (qui n'est pas mon pote, loin de là) fait justement remarquer qu'avant sa mise en congé, Mme Veil a voté sur une demande d'annulation du texte de motivation pro-Oui joint avec le texte qui nous a été envoyé. Demande rejetée par le Conseil Constitutionnel et Mme Veil qui était bien sûr, à l'époque, impartiale.
Personnellement, à la place de Mme Veil, je ne ferais mes mises en congés que le 2 mai de 20h30 à 22h30 (meeting à Charleville-Mézières), le 7 mai de 20h10 à 20h14 (interview sur France 2), le 9 mai de 11h30 à 14h30 (repas débat à Charenton), ... Le reste du temps, j'observerais bien entendu mon devoir de réserve.

M. Chirac vient de demander à GDF de reporter son ouverture de capital à, par exemple, après le 29 mai. Pas du tout pour des raisons électorales, mais parce que le dossier n'est pas suffisamment ficelé.

M. Jospin nous dit que voter Non, c'est voter Non à la France et à l'Europe. Qu'il se rassure, pas mal de gens vont effectivement dire Non à cette France et à cette Europe.

Par exemple, M. Oskar Lafontaine, ex-ministre allemand et membre du SPD (encore un qui n'est pas un extrêmiste) regrette que les allemands n'aient pas la procédure référendaire prévue dans leur Constitution. Il espère que le Non français va permettre de stopper la construction européenne telle qu'elle se fait actuellement et qu' "un non peut être le moyen d’imposer une pause, une respiration salutaire afin que la politique européenne puisse rebondir en prenant une tout autre direction."
Parfois, on a tendance à oublier (ou à nous faire croire) qu'il n'y a pas que les Français qui ont un avis négatif.

Et donc, bon week-end.

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