Esprit du vinaigre

Des réactions acides à une actualité qui ne manque pas de sel

Le 17 juin 2008

Et si on redemandait aux peuples ce qu'ils veulent

Chiche ! Parce qu'il faudra que l'on se pose un jour la question de la légitimité démocratique de la construction europénne telle qu'elle est pratiquée par nos dirigeants.

D'un côté, nous avons des ratifications par les Parlements avec des Oui qui tournent autour des 80%. D'un autre côté, nous avons des référendums qui donnent des 50-50 (parfois un peu plus pour le Oui, souvent un peu plus pour le Non) avec des taux d'abstentions qui tournent aux environs d'un électeur sur deux.

L'Irlande vient de voter Non au traité de Lisbonne. Sarkozy et Merkel, les promoteurs du texte ont regretté ce vote, sous-endendu, les Irlandais ont tout faux. Mais à aucun moment, ils ne se sont remis eux-même en question en se disant "Finalement, si les Irlandais avaient raison et que ce traité est regrettable. Ou que la construction européenne telle que nous la voyons n'est pas celle qu'attend le peuple européen".

Au départ, il était prévu que, dans chaque pays, les citoyens européens élisent des députés pour une Assemblée Constituante chargée bien évidemment d'écrire une Constitution. La campagne électorale aurait porté sur les propositions des candidats à propos de ce qu'ils voulaient voir dans ce texte. Puis il était prévu que ce texte soit soumis à l'approbation des électeurs (du moins, dans les pays où ce n'est pas interdit).

Au lieu de ça, on nous a sorti du chapeau une commission Giscard qui a pondu un texte incompréhensible, technocratique, rébarbatif qui n'avait rien d'une Constitution. Les électeurs français et hollandais l'ont rejeté. En mélangeant les articles, quelques technocrates ont transformé cette Constitution en Traité de Lisbonne. Les électeurs français ont été floués puisque leur vote Non a été transformé en vote Oui par le Parlement. Mais encore une fois, des électeurs disent Non parce que c'est toujours aussi incompréhensible et que cela ne correspond pas aux attentes des citoyens.

Et donc, si on revenait à cette idée de base, tellement simple : élire des personnes spécialement chargées d'écrire un texte clair sur ce que nous voulons pour l'Europe.

Personnellement, je souhaite la disparition de la toute puissance de la Commission Européenne, des technocrates sans aucune légitimité populaire, dont la responsabilité n'est jamais engagée devant les personnes qu'ils administrent et qui, lorsque les citoyens européens expriment leurs difficultés aujourd'hui avec la hausse de carburant, expliquent qu'il y a un plan de réduction de la consommation d'essence à l'horizon 2040.

Ce qui est dommage, c'est que nos dirigeants sont en train d'essayer de construire l'Europe malgré nous et pas avec nous.

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Le 21 avril 2008

Facheuse comparaison

Furieux que l'on ose s'occuper de la situation au Tibet, les Chinois font remarquer qu'ils ne critiquent pas la France pour sa gestion des autonomistes corses. Il y a quand même quelques différences ques les Chinois feignent d'oublier :

  • Il n'y a pas de gouvernement corse en exil.
  • Il n'y a pas de manifestations massives contre une occupation française.
  • La police ne tire pas sur la foule corse, faisant des dizaines, des centaines ou des milliers de mort (selon les sources).
  • L'armée française et ses chars n'interviennent pas pour le maintien de l'ordre en Corse.
  • Les journalistes ne sont pas contrôlés en Corse en temps normal, ni consignés dans leur hôtel en cas de tension, ni expulsés de l'île en cas d'émeute.
  • Les corses ne risquent pas d'aller en prison pour avoir parlé en langue corse entre eux, ou même avec des non-corses.
  • Il n'est pas interdit d'écrire, de publier et de vendre des livres en langue corse.
  • Les Corses ont le droit d'avoir une voiture particulière.
  • Les Corses n'ont pas besoin d'un visa pour aller de Bastia à Ajaccio.
  • Les Corses n'ont pas besoin d'un laissez-passer du responsable policier de leur quartier pour aller dans un autre quartier.
  • Personne ne risque 15 ans de prison pour avoir brandi un drapeau corse.
  • Il n'y a pas de filtrage d'Internet en Corse.
  • Les Corses peuvent s'abonner et recevoir tous les journaux du monde.
  • Les postes de douane en Corse ne sont pas davantage surveillés que les postes de douane du reste du pays.
  • ...

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Le 17 mars 2008

Contorsions

Ce matin, j'entendais les commentateurs politiques expliquer que les électeurs du Modem de François Bayrou avaient été un peu paumés parce que le parti s'alliait à droite d'un côté, s'alliait à gauche de l'autre, se désistait ailleurs, ... bref que l'attitude du parti manquait de lisibilité (sic).

C'est encore pire que ça parce que les commentateurs supposent une cohérence au niveau municipal : mais quand, dans une ville, la tête de liste Modem proposait une alliance avec l'UMP (ou avec le PS), aussitôt, il y avait un tiers de sa liste qui approuvait ce choix, un tiers qui se mettait à soutenir le camp d'en face et un tiers qui expliquait qu'ils décidaient de ne rien décider et de rentrer chez eux regarder Julien Lepers. Et si, par malheur pour eux, l'ensemble de la liste avait réussi à prendre une décision unanime au niveau communal, ce sont les instances nationales du Modem qui désapprouvaient leur alliance ou leur désistement.

En gros, le Modem ressemble aux Verts de la grande époque : vous en réunissez 3 et vous avez 5 opinions différentes.

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Le 26 août 2007

Surtout ne pas résoudre

Ne pas résoudre les problèmes de la violence, du chomage, de l'immigration, des retraites, ... ne présente que des avantages.

D'une part, on peut détourner l'attention des gens en faisant porter le chapeau aux immigrés, aux fonctionnaires, aux juges, aux feignants, ... Cela suffit : les gens n'ont pas besoin de solution lorsqu'on leur fournit un bouc émissaire. Cela les occupe, cela leur permet de râler, cela leur permet de mettre un visage sur leurs problèmes et cela leur suffit. Et en plus, ça ne coûte pas un kocpeck puisqu'on ne fait rien pour résoudre le problème.

D'autre part, on évite aux gens de se poser d'autres questions puisque cycliquement, les mêmes problèmes ressurgissent (normal, ils n'ont pas été résolus). Cela a surtout l'avantage de pouvoir à nouveau montrer ses biscotos et avec l'aide bienveillante des médias, venir expliquer qu'on va prendre le problème à bras le corps et qu'on va le régler définitivement. Du coup, on fait une loi, l'opposition conteste, la loi passe, elle n'est pas appliquée (ou elle est inapplicable ou on ne dégage pas de budget) et les gens sont contents.

Une de nos amies nous expliquait qu'on pouvait résoudre le problème de l'immigration en assurant la formation professionnelle des populations africaines ou asiatiques afin qu'il développe chez eux leur industrie, leur agriculture et leur commerce et en favorisant l'émergence de gouvernements démocratiques qui ne se mettront pas les subventions dans les poches. C'est très beau et tout le monde ne peut qu'applaudir. Mais quel est l'intérêt pour notre gouvernement ?

  • S'il n'y a plus d'immigrés légaux ou clandestins, comment le gouvernement expliquera t'il que le chomage n'aura pas baissé d'un iota ?

  • Que va t'il se passer pour nos entreprises pétrolières et leurs lobbies si des gouvernements démocratiques décident que les revenus du pétrole doivent profiter en priorité aux populations locales ?

  • Avec quel personnel et sur quel budget l'Etat assurera t'il ces formations puisque nous réduisons chaque année le nombre d'enseignants ?

Un gouvernement normalement constitué ne pourra jamais appliquer ce genre de solution. Justement parce que ça résoudrait le problème et que ce n'est pas son intérêt.

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Le 18 juin 2007

Soirée d'élection

Un peu démoralisé après les résultats du premier tour des élections législatives, j'avais lancé, à propos d'Arno Klarsfeld en ballotage largement favorable : "Si l'UMP avait présenté un cheval, il aurait été élu". Klarsfeld a été battu dans le 12ième arrondissement qui passe à gauche pour la première fois depuis 50 ans et continuera de connaître de ce quartier uniquement le parcours du Marathon de Paris.


Les membres de la majorité sur la TVA dite sociale hier soir. Selon eux, le PS a fait de la désinformation démagogique. A croire qu'eux même n'ont pas eu une seule fois accès aux médias pour expliquer que "la TVA va augmenter, mais le pouvoir d'achat restera le même". On a même encore entendu Borloo ressortir ce truc des produits étrangers qui vont aider à empêcher les délocalisations alors que ce sont les ménages français qui vont payer le surplus de TVA. Implicitement, ils ont reconnu que la gauche a été meilleure en communication qu'eux. Ou plutôt que c'était Mission Impossible d'expliquer qu'une hausse de la TVA sera sans effet sur les prix.


"Il va falloir qu'il s'explique !" Un certain nombre de leaders de droite ne sont pas franchement joyce que Borloo ait balancé la TVA dite sociale dans le débat avant le second tour. Lorsqu'un journaliste a demandé de commenter cette phrase au Ministre du Travail, celui-ci a fait semblant de ne pas comprendre et s'est lancé dans de grandes phrases sur les explications qu'aurait à donner Borloo sur le fonctionnement de la TVA dite sociale. Et de terminer sur un couplet sur son souhait d'en terminer avec la langue de bois.


Borloo, parlons-en. Quand un journaliste lui a fait remarquer que ce n'était pas le tsunami bleu attendu, Borloo lui a rétorqué qu'il n'aimait pas les allusions guerrières. Espérons juste que Borloo ne sera pas nommé Ministre de l'Ecologie à la place de Juppé, parce que confondre les raz-de-marée avec les conflits, c'est un coup à déclarer la guerre à Météo France au prochain avis de tempête.


TVA dite sociale, franchise médicale, pas de hausse du SMIC. Un certain nombre de français qui avaient voté pour Sarkozy viennent de se rendre compte que ce mec-là était de droite et qu'il allait appliquer un programme de droite.


Mme Royal et Mr Hollande ont officiellement déclaré leur séparation. Il ne reste plus à Mme Sarkozy qu'à expliquer pourquoi elle participe si peu et de si mauvaise grâce aux activités protocolaires de son président de mari et pourquoi elle va habiter à plein temps à Versailles alors que son cher et tendre continuera à habiter à l'Elysée.


Finalement, tout le monde a gagné. La droite parce qu'elle a la majorité absolue. La gauche parce qu'elle a davantage de députés que dans la précédente législature.

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Le 30 avril 2007

Fallait que ça baisse avant les élections

Il y a quelques jours, je m'inquiétais de la disparition du Premier Ministre. Rassurons-nous, lui et son Ministre du Travail sont sortis de l'oubli vendredi pour annoncer les chiffres du chômage en forte baisse (comme par hasard).

Ces chiffres sont tellement peu crédibles que les statisticiens du Ministère du Travail avaient prévenu : "Si le Ministre sort ces chiffres faux, nous nous mettons en grève". Le Ministre a sorti les chiffres, et les statisticiens se sont mis en grève, ce qu'ils n'avait pas fait depuis 30 ans.

Rappelons que même Eurostat, l'organisme qui publie les statistiques au niveau européen, trouve les chiffres du gouvernement complètement foireux et utilise officiellement les chiffres dits "provisoires et non officiels" de l'INSEE beaucoup plus hauts que les chiffres gouvernementaux.

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Le 21 mars 2007

12 à table

Finalement, ils seront douze à se présenter. C'est moins que la fois d'avant où ils étaient 16, mais cela correspond à peu près aux autres élections depuis 30 ans où le nombre de candidats a toujours varié entre 9 et 12.

Beaucoup se sont plaints du mode de sélection qui serait anti-démocratique. Peut-être, mais personnellement, je trouve qu'il faut une limitation. Parce que sinon, on se serait retrouvé avec 40 candidats. Je ne suis pas sûr que cela serve beaucoup la démocratie d'avoir une foule de candidats plus ou moins farfelus. En tout cas, cela ne servirait pas les comptes de l'Etat parce que mine de rien, chaque candidat va voir une partie de ses frais de campagnes remboursés.

Alors, il faut une présélection. Celle-là ne me semble pas plus injuste qu'une autre. Et puis, finalement, sur les 40.000 élus qui étaient autorisés à donner leur parrainage, seuls 17.000 l'ont fait, soit 42%. Donc il reste de la marge !

On se rappellera que c'est VGE qui a fait passer le nombre de parrainages demandés de 100 à 500 pour éviter les candidatures fantaisistes. Le résultat est mitigé : on se retrouve quand même avec 3 candidats trotskistes ! Je ne sais pas s'il y a un autre pays au monde où on arrive à avoir trois candidats trotskistes pour un même poste : déjà qu'ils ne sont pas bien nombreux, ils arrivent quand même à monter trois factions opposées. Remarquez, la dernière fois, on avait trois candidats d'extrême-droite, ça change.

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Le 16 décembre 2006

Déontologie et vie privée

Un magazine vient d'annoncer que la présentatrice du journal télévisé de FR3, Marie Drucker, partage la vie de Monsieur Barouin, ci-devant Ministre de l'Outre-Mer du gouvernement de Villepin.

Du coup, après avoir tempêté et hurlé, après avoir protesté de sa parfaite indépendance et de la complète séparation qu'elle fait entre sa vie professionnelle et sa vie privée, sa chaîne et elle ont décidé qu'elle ne présenterait plus le journal télévisé durant les mois de la campagne électorale.

Est-ce vraiment une atteinte à la vie privée que de signaler qu'une présentatrice de journal télévisé ne sera (peut-être, peut-être pas) pas tout à fait objective quand elle parlera des différents candidats ?

Personnellement, j'aurais préféré qu'il n'y ait pas eu besoin qu'un journal people parle de cette vie commune pour que Mademoiselle Drucker décide de ne pas présenter le journal. Cela aurait été peut-être plus déontologique et cela aurait coupé l'herbe sous les pieds des paparazzis.

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Le 24 octobre 2006

Langue de bois massif

Monsieur Clément, Ministre de la Justice, commente la mini-réforme de la justice présentée aujourd'hui en Conseil des Ministres. "Cacophonie ? Quelle cacophonie ? Moi, j'ai toujours dit la même chose depuis le début !" explique-t'il innocemment au journaliste.
Euh, Monsieur Clément, on parlait de la cacophonie due au fait que vous, le Ministre de l'Intérieur et le Premier Ministre aviaient annoncé des mesures radicalement différentes sur le contenu de ce texte.
POur enfoncer le clou, Monsieur Clément annonce que d'avoir pu présenter ce texte au Conseil des Ministres est une grande victoire pour lui et il remercie grandement ... le Président de la République. Et vlan dans les roubignolles de Nicolas S. et Dominique de V. !


Autre bel exemple de langue de bois, le porte-parole du gouvernement américain qui déclare, sans rire, que l'Irak n'est absolument pas déchiré par la guerre civile et la violence.
On ira dire ça à la dizaine de personnes qui sont déchiquetées tous les jours par les attentats.

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Le 05 juin 2006

Problème de lisibilité

J'entendais ce matin évoquer à la radio les problèmes de lisibilité de l'action gouvernementale.

Tout d'abord, le gouvernement envisage de convoquer les parlementaires en session extraordinaire en début d'été pour montrer que malgré toutes les crises de ces derniers mois, le gouvernement agit. Cette hypothèse de convocation étonne les parlementaires et en premier lieu les députés UMP qui disent qu'il n'y a plus aucun grand texte à voter avant l'été, qu'ils s'ennuient ferme déjà en session ordinaire et qui trouvent étrange cette manière de gouverner à base de "paraître".

Ensuite, par rapport à ce lundi de Pentecôte qui est à moitié férié, à moitié travaillé. Certains industriels expliquent qu'ils font tourner leurs usines, mais sans pouvoir assurer les livraisons, ni recevoir les fournitures car la circulation des poids lourds est interdite sur les autoroutes. Ce qui les oblige à demander à certains de leurs employés de prendre un jour de congé. Finalement, l'organisation de cette journée travaillée devient un vrai casse-tête puisqu'en plus, il faut tenir compte de tou(te)s les employé(e)s qui ont été obligé(e)s de prendre un jour de congé car les écoles sont ouvertes aux enseignants, mais fermées aux élèves. Bref, une désorganisation pire qu'un jour de grève nationale !

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