Le 24 février 2009
Justice politique ?
Je ne sais pas si Yvan Colonna est coupable ou non du meurtre du préfet Erignac. Mais son procès tourne à la farce grotesque. Depuis que le ministère public a fait cité Didier Vinolas et qu'il a laché sa bombe sur ces deux suspects ignorés, c'est du grand n'importe quoi.
Nous avons un Président qui reçoit une lettre de la part d'un témoin et qui avoue ne pas l'avoir ouverte pour se garder la surprise du témoignage orale du témoignage de Vinolas. Quels grands enfants, ces magistrats, toujours à vouloir avoir des émerveillements ?
Nous avons des grands responsables politiquo-espionno-judiciaires qui viennent expliquer tous en choeur que Vinolas, il ne faut pas l'écouter, il est aigri, il est obsédé par la mort d'Erignac. Par contre, quand il y en un qui dit qu'effectivement à la demande de Vinolas, il a rencontré untel ou untel, ce dernier dément avoir rencontré qui que ce soit. Ca fait désordre ...
La palme revient à M. Poirson, ex-membre de la Direction centrale des Renseignements Généraux qui déclare qu'il n'a jamais été mis en contact avec M. Yves Bot contrairement à ce que disent M. Vinolas et M. Bot. Et d'ajouter qu'il n'a même jamais entendu parler d'Yves Bot, procureur général de Paris, à qui le pouvoir avait filé l'affaire Casetta (trésorerie occulte du RPR) et celle des emplois fictifs du RPR. Bref, un type qui faisait la Une du Canard Enchaîné une semaine sur deux, et ce membre éminent du Renseignement français explique benoîtement qu'il n'en a jamais entendu parler ...
On comprend mieux les réticences de M. Poirson à admettre son entrevue avec M. Bot. D'après ce dernier, le policier barbouze à la retraite demandait entre 300.000 et 400.000 euros pour ses informations. Belle mentalité !
Etant donné que les déclarations contradictoires de Vinolas, Bot et Poirson ont été faites sous serment, comment le Président de la Cour d'Assise peut-il s'en sortir autrement qu'en confrontant les trois ?
Bref, on avait la défense de Colonna qui criait au procès politique, au procès inique. Et au lieu de blinder le dossier, le ministère public et les magistrats accumulent les bourdes qui donnent raison à la défense.
Le 02 septembre 2008
Le Prince part en guerre
Pendant mes congés, j'ai appris que notre omniprésident s'était mêlé du conflit entre la Russie et la Géorgie, en concoctant un accord qui indiquait que les troupes russes devaient se retirer sauf si elles voulaient rester(1). Face aux reproches, notre omniprésident a réduit le débat avec sa tactique habituelle qui consiste à poser une question à laquelle on ne peut que réponde "oui, finalement il a eu raison". Il s'est donc justifié "Valait-il un mauvais accord ou pas d'accord du tout ?". Et bien, il restait une troisième possibilité qui n'est pas évoquée dans sa question : il aurait mieux valu un bon accord. Et si lui n'y arrive pas, il fallait passer la main à d'autres.
Ecoutez bien notre omniprésident à chaque fois qu'il pose de telles questions : systématiquement, il oublie les termes de l'alternative qui ne l'arrangent pas.
Bon, sinon en Corse, des gendarmeries continuent à être mitraillées et des perceptions à sauter sans que cela déclenche trop de réactions à part les habituels communiqués indignés. Ah si, juste un truc : samedi dernier, pendant quelques heures, la villa de Christian Clavier, un ami intime de notre omniprésident a été occupée pacifiquement et sans aucune dégradation(2) par des militants et des élus indépendandistes qui voulaient faire connaître leurs revendications sur le texte de loi "Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse". Moins de 48 heures après, le coordinateur des forces de sécurité intérieure en Corse vient d'être sèchement limogé.
(1) : Il a donc fallu que les américains refoutent ça un peu droit et il paraît que l'entrevue entre Mme Rice et notre omnivacancier à Brégançon a été plutôt froide.
(2) : En fait, les occupants sont restés autour de la piscine, sur des transats, après que le gardien ait ouvert la grille de la propriété.