Le 25 janvier 2009
Perspective
Notre présidieu nous a expliqué avec une conviction assumée qu'il était absolument nécessaire de filer du pognon aux banques parce que sinon l'économie française allait se casser la figure et que le chômage allait frapper toute la population.
Puis notre présidieu a entamé un bras de fer avec ces mêmes banques pour que leurs dirigeants renoncent à leurs bonus sur résultats : "Si vous gardez vos bonus, je vous file pas le pognon !"
Donc notre nain de jardin national a pris en otage la santé financière de tout un pays contre la rémunération d'une dizaine de dirigeants d'entreprise. Heureusement que les patrons de banque ont un sens civique un peu plus élevé que celui du mari de la chanteuse et qu'ils ont accepté de renoncer à leur bonus !
Le 15 décembre 2008
Une lézarde de plus dans la finance
Allez ! Encore un scandale de plus dans la finance !
Voila donc un ancien patron du NASDAQ (l'une des bourses de Wall Street spécialisée dans la haute technologie) qui avait monté un système d'épargne absolument génial. "C'était magique", indique Alexandre Capez, trader chez Nomura à Londres, évoquant des promesses de rendement d'une régularité stupéfiante, de l'ordre de 7 % à 11 % par an..." (Le Monde). Et comme la Commission américaine chargée de surveiller ces systèmes d'épargne n'a pas le personnel suffisant, comme le patron était un ancien responsable, personne ne s'est renseigné et tout le monde a fait confiance. Personne ne s'est jamais demandé comment il pouvait trouver des placements avec des rendements extraordinaires uniquement avec 3 employés septuagénaires.
Ben oui, c'était magique : sauf que c'était une arnaque. Tout cela était de l'argent virtuel. Vos économies qui augmentent de 7% par an, c'était uniquement sur le papier. Et quand un type voulait sortir du fond et récupérer ses billes, il suffisait de piocher dans les dépôts des autres épargnants. Et il semblerait également que l'argent des épargnants "moyens" servait à rémunérer les quelques clients les plus riches.
Pourtant depuis 2 ans que ce fond Madoff existe, les signaux d'alarme ont été tirés. Par exemple, certains ont remarqué que sur les 200 mois d'existence, il n'y en a eu à peine que 4 où il a indiqué avoir des rendements négatifs. Ce qui, statistiquement, est impossible, à moins d'être l'Einstein de la bourse (et encore, Einstein s'est probablement planté plus que ça). Et finalement, c'est le propre fils de Madoff qui a dénoncé son père au FBI ...
Donc allons-y, encore quelques milliards de dollars qui partent en fumée (ou du moins qui n'ont jamais existé) : 450 millions d'euros pour Natixis, 350 pour BNP Paribas, 750 pour HSBC, une dizaine de milliards pour les banques suisses, ... Quelques associations caritatives (dont celles d'Elie Wiesel et de Steven Spielberg) qui avaient confié leurs économies à ce monsieur Madoff se rendent compte qu'elles n'ont pas l'argent qui leur était annoncé.
Ce genre d'arnaque passait plus ou moins inaperçue parce que le monde de la finance ne pouvait pas (ou ne voulait pas) voir. A cause de la crise financière, les banques sont obligées de regarder un peu ce qu'elles ont dans leurs comptes. Et c'est quand la marée descend qu'on voit les nageurs qui n'ont pas de maillot ! Gageons que ce n'est pas fini et qu'il va en sortir quelques autres, des scandales comme ça.