Le 02 décembre 2008
Comme quoi il ne faut pas parler trop tôt
Dans l'histoire du journaliste de Libération menotté, déshabillé, fouillé, incarcéré pour une simple amende que règlera son journal s'il est condamné, les ministres de l'Intérieur et de la Justice sont de suite montées au créneau pour expliquer que tout s''était passé dans des conditions absolument normales et que ceux qui en rajoutaient sont des vilains gauchistes non mais !
Elles n'ont toujours pas compris, ces dames, qu'on ne commente pas ce genre de décision avant d'avoir demandé son avis au chef. Elles ont l'air fin maintenant que l'omniprésident a "compris l'émoi" provoqué par cette arrestation et demandé la mise en place d'une commission chargée de réfléchir à "une procédure pénale plus respectueuse des droits et de la dignité des personnes".
Quant au Premier Ministre (si si, il paraît qu'on en a un), il dit qu'il a été "choqué par les conditions dans lesquelles M. de Filippis a été interpellé".
Ca va être sympa l'ambiance du conseil des Ministres demain matin. Sûr qu'à la sortie, il y en aura deux qui diront qu'on les a mal comprises et qu'elles ont le soutien complet de leurs patrons.
Le 31 juillet 2008
Les JO : moment de paix
Malgré les promesses faites, la Chine a décidé de censurer Internet au centre de presse International des JO de Pékin. Encore le vieux coup des promesses qui n'engagent que ceux qui y croient, n'est-ce pas messieurs du CIO !
D'ailleurs, le CIO trouve ça normal : les sites censurés n'ont, d'après eux, rien à voir avec les JO. Du moment que les journalistes peuvent trouver des sites qui donnent l'évolution du record du monde de course en sac à reculons, il n'y a rien à redire.
Les sites censurés : oh, juste des sites subversifs comme Amnesty, Reporters sans Frontière, des sites parlant du Tibet, des dissidents chinois et ... le site de la BBC. Explication de Pékin : ces sites violent les lois chinoises. En fait, c'est pour éviter aux journalistes de tomber dans l'illégalité en consultant ces sites que Pékin a mise en place cette mesure. Et dire qu'il y en a qui font la mauvaise langue et qui parlent de censure alors que c'est de la protection.
Bien sûr, il ne faut pas faire de politique pendant les Jeux. Du moins, les journalistes et les athlètes ne peuvent pas faire de politique. Par contre, le Comité d'Organisation et les autorités chinoises, qui eux vont utiliser les jeux pour promouvoir la grandeur du pays, l'excellence de la formation sportive, les beautés de la vie chinoise, la vitalité de sa jeunesse, la clairvoyance de son gouvernement, ... eux, ils ont le droit d'utiliser les JO pour faire de la politique. Et ils ne vont pas s'en priver.
Comme dit Rémi Godeau de l'Est Républicain : "Au fil des mois, le CIO s'est réfugié derrière sa Charte pour avaler des couleuvres longues comme la Grande muraille"
Ca tombe bien, je suis en vacances très loin pendant la période des JO. Je n'aurais pas beaucoup de mal à ne pas les regarder.
