Le 31 mars 2009
Morale pour les autres
Avec son décret sur les bonus des dirigeants, notre président semble vouloir moraliser les pratiques du capitalisme. Pourtant, quand il parle de moralisation des grands patrons, il ne parle pas du fait de nommer un copain à la tête d'une banque française, sans prendre l'avis de la Commission de Déontologie.
Ah oui ? Vous dites ? Ah ... la moralisation, c'est pour les autres ...
Le 25 février 2009
Plus les mensonges sont gros, plus ils passent
Pour tenter de désamorcer les critiques suite à la décision de notre présidieu de nommer un de ses potes à la présidence de la nouvelle banque Banque Populaire/Caisse d'Epargne (fusion décidée par ce même présidieu), il nous a expliqué, les yeux dans les yeux, avec son éternel air de défi que la Commission de Déontologie avait été saisie et qu'elle avait rendu un avis favorable.
Dans le même temps, les membres de cette Commission expliquent qu'ils n'ont jamais été saisi du dossier et que leur prochaine réunion est dans 15 jours.
Du coup l'Elysée explique que c'est une procédure d'urgence qui a été mise en place et que c'est un avis "off". Laquelle procédure n'existe pas selon les mêmes membres de la Commission. Et donc rechangement d'explication : c'est le Président de ladite Commission qui, sans consulter la Commission, a donné un avis favoarable.
Il ne reste plus qu'à attendre le démenti de ce Monsieur pour qu'on nous explique que c'est en fait le beau-frère du concierge qui a écrit la lettre.
Le 13 février 2009
On a les victoires qu'on peut
Le Présidieu a déclaré que la loi sur l'audiovisuel public était la "grande réforme du quinquennat" (sic).
Giscard d'Estaing a légitimé l'interruption volontaire de grossesse.
Mitterrand a aboli la peine de mort.
Chirac a reconnu la responsabilité de l'Etat Français dans la déportation.
Sarkozy a supprimé la publicité à la télévision.
Le 28 novembre 2008
Victoire ?
Ainsi donc, notre omniprésident a gagné en appel contre l'éditeur de poupées vaudou à son effigie(1).
Gagné ? Pas si sûr. Car le juge autorise la société à continuer la commercialisation de la poupée à condition que le jugement soit indiqué sur un bandeau entourant la boîte. Un truc du style "Attention : piquer peut nuire à la dignité de notre président".
C'est comme dans l'affaire du type qui avait brandi une pancarte "Casse-toi pauv'con" devant notre président, reprenant une de ses célèbres formules. Les juges avaient estimé qu'il y avait offense au chef de l'Etat (ce qui est vrai) et condamné le dangereux délinquant à trente euros d'amende.
Bref, en ce moment, les juges appliquent strictement les textes de loi, ce qui est leur devoir. Mais rendent au final des décisions qui rendent le présumé vainqueur légèrement ridicule. Il y a quelques chefs d'état étrangers qui doivent bien se marrer en voyant les "victoires" judiciaires de notre omniprésident, accessoirement président de l'Europe pour quelques jours encore.
(1) : il a été jugé que l'incitation du lecteur à piquer la poupée jointe à l'ouvrage avec les aiguilles fournies dans le coffret, action que sous-tend l'idée d'un mal physique, serait-il symbolique, constitue une atteinte à la dignité de la personne de Monsieur Sarkozy
Le 29 octobre 2008
Quand c'est moi qui fait, c'est pas pareil ...
Notre omniprésident nous avait expliqué que les contrats aidés par l'Etat sont une mesure socialo-gauchiste qui permet de faire baisser artificiellement le chômage. D'où une très forte diminution de ces contrats, fruits de la démagogie marxiste.
Ben oui, mais depuis quelques mois, le chômage est repartir à la hausse. Et la crise financière et économique n'explique pas tout, parce qu'il y a des pays comme l'Allemagne pour lesquels l'emploi reste stable.
Donc dernière invention de notre omniprésident : mettre en place 100.000 contrats aidés de plus pour 2009 (et pour l'instant, non inscrits au budgets).
Mais promis juré, ce n'est pas du tout pour faire baisser les stats du chômage : c'est pour offrir une vraie chance à ceux qui bénéficieront de ces contrats.
Le 28 octobre 2008
Il s'occupe même des horaires ...
On sait maintenant pourquoi notre omniprésident veut supprimer la pub sur les chaînes publiques : c'est pour dégager des créneaux horaires pour une émission de propagande gouvernementale. En effet, l'omniprésident et son gouvernement trouvent qu'ils ne se sont pas assez vus dans les médias et que les réformes sont donc mal expliquées.
Autre idée géniale : la soirée sur les chaînes publiques commencera désormais à 20h35. Comme ça, quand vous aurez terminé de manger et de dire bonsoir aux enfants, vous aurez le choix entre un film déjà commencé ou une chaîne privée.
Messieurs de la télévision, si vous mettiez l'émission "Le gouvernement parle aux Français" entre 20h35 et 20h50. Comme ça, au lieu de s'abrutir avec de la publicité, les Français pourraient attendre le film de la soirée en suivant une émission réellement formatrice et utile pour tous. A moins qu'ils préfèrent comme ils font pour la pub, profiter de cet interlude pour se brosser les dents, descendre la poubelle, remplir le lave-vaisselle, ...
Le 24 septembre 2008
Le retour du petit roquet qui aboie beaucoup
Notre omniprésident a réclamé des sanctions contre les responsables de la crise financière actuelle. C'est bien, ça fait parler dans les journaux et le bon peuple est content puisque ces "responsables" (on imagine des mecs pas très scrupuleux, des espèces de requins en eaux troubles) vont payer.
Mais qui sont les responsables ?
Les banques qui ont effectués des prêts dans des cadres légaux ?
Des gouvernements qui ont mis en place des législations inadaptées permettant le surendettement ?
Des particuliers qui se sont surendettés ?
Ce n'est pas telle ou telle personne qui est responsable, c'est tout un système basé sur une recherche maximale de profit. Tout le monde en profite quand le système fonctionne, mais tout le monde se casse la gueule quand un grain de sable fait dérailler le système. Et même si réclamer la tête des coupables est d'une absurdité sans nom, peu importe, il suffit que les médias en aient parlé.
C'est comme quand notre omniprésident réclame la suppression des parachutes dorés : comment veut-il interdire à une entreprise privée de passer un contrat avec son dirigeant lui prévoyant une retraite à l'abri du besoin, même si ce patron a été mauvais. Ce n'est pas au Président de la France de décider cela, c'est à chaque Conseil d'Administration de chacune des sociétés. Notre omniprésident n'imagine tout de même pas que tous les pays du monde vont adopter des lois liant les primes versées à un dirigeant aux résultats de l'entrepirse ? Il n'est pas naïf à ce point-là ?
Le 09 septembre 2008
L'art de la communication
Nos journaux annoncent une grande victoire de notre omniprésident : il a forcé les Russes à promettre qu'ils retireront leurs troupes de Géorgie avant le 15 octobre.
Toute la Géorgie ? Non : les troupes russes resteront stationnées en Ossétie du Sud et en Abkhazie, ces deux provinces géorgiennes sécessionnistes et dont la reconnaissance d'indépendance par la Russie est condamnée par l'ensemble des Etats.
En résumé : les Russes vont se retirer de Géorgie. Mais pas de ces deux provinces que l'ensemble des pays considèrent faire partie de la Géorgie. Donc, les Russes ne vont pas se retirer complètement de Géorgie.
Quant à la force d'observation de l'UE, elle sera déployée partout ... sauf en Ossétie du Sud et en Abkhazie. C'est quand même la moindre des choses, non ? Déployer une force d'observation partout sauf là où il y a un problème !
Le 02 septembre 2008
Le Prince part en guerre
Pendant mes congés, j'ai appris que notre omniprésident s'était mêlé du conflit entre la Russie et la Géorgie, en concoctant un accord qui indiquait que les troupes russes devaient se retirer sauf si elles voulaient rester(1). Face aux reproches, notre omniprésident a réduit le débat avec sa tactique habituelle qui consiste à poser une question à laquelle on ne peut que réponde "oui, finalement il a eu raison". Il s'est donc justifié "Valait-il un mauvais accord ou pas d'accord du tout ?". Et bien, il restait une troisième possibilité qui n'est pas évoquée dans sa question : il aurait mieux valu un bon accord. Et si lui n'y arrive pas, il fallait passer la main à d'autres.
Ecoutez bien notre omniprésident à chaque fois qu'il pose de telles questions : systématiquement, il oublie les termes de l'alternative qui ne l'arrangent pas.
Bon, sinon en Corse, des gendarmeries continuent à être mitraillées et des perceptions à sauter sans que cela déclenche trop de réactions à part les habituels communiqués indignés. Ah si, juste un truc : samedi dernier, pendant quelques heures, la villa de Christian Clavier, un ami intime de notre omniprésident a été occupée pacifiquement et sans aucune dégradation(2) par des militants et des élus indépendandistes qui voulaient faire connaître leurs revendications sur le texte de loi "Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse". Moins de 48 heures après, le coordinateur des forces de sécurité intérieure en Corse vient d'être sèchement limogé.
(1) : Il a donc fallu que les américains refoutent ça un peu droit et il paraît que l'entrevue entre Mme Rice et notre omnivacancier à Brégançon a été plutôt froide.
(2) : En fait, les occupants sont restés autour de la piscine, sur des transats, après que le gardien ait ouvert la grille de la propriété.
Le 17 juillet 2008
Comment se faire des amis
"Les Irlandais devront revoter et je mettrais le veto à tout élargissement tant qu'il n'y aura pas de nouvelles institutions" a déclaré notre omniprésident, président de l'Europe juste avant une visite en Irlande.
Depuis les conseillers de notre omnigaffeur expliquent qu'il s'agissait de propos tenus lors d'un buffet privé à l'Elysée et pas du tout de propos officiels. Car en Irlande, que ce soit les partisans du Non ou ceux du Oui, tous sont sérieusement énervés que les Irlandais soit considéré avec autant de désinvolture. Le Ministre des Affaires Etrangères irlandais, partisan du Oui a déclaré à propos de la venue de l'omnimari de la chanteuse "Nous n'avons pas l'intention de nous laisser intimider par qui que ce soit" et a souhaité qu'il soit en "position d'écoute". Ca se voit qu'il ne le connaît pas ...