Esprit du vinaigre

Des réactions acides à une actualité qui ne manque pas de sel

Le 15 octobre 2008

Dormez tranquille, tout va bien

"On" nous répète depuis des semaines qu'il n'y a pas de problème avec les banques françaises, qu'elles ont les reins solides, que les règles ici sont plus strictes que celles de l'autre côté de l'Atlantique, qu'il ne faut pas s'inquiéter.

Pourtant, ce week-end, l'Europe a décidé de dégager 1.200 milliards d'euros (le cas où) pour aider les banques qui en auront besoin, soit plus du double que le Plan Paulson américain (700 milliards de dollars, 520 milliards d'euros). Et un tiers de ce plan européen (soit 360 milliards d'euros) est ... pour la France.

Donc, la France, à elle seule, vient de prévoir une somme équivalente à 70% du plan de sauvetage américain. Mais, vous savez, il ne faut pas s'inquiéter parce que chez nous, tout va bien.

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Le 30 septembre 2008

Nationaliser les pertes

Pour l'instant, les députés américains ont rejeté le plan de sauvetage des banques américaines concocté par leur gouvernement et négocié entre leurs partis. Il faut dire que les élections sont dans un peu plus d'un mois et que les électeurs ne comprennent pas bien pourquoi est-ce que c'est à eux de supporter les déficits de sociétés privées : ils n'ont pas bénéficié des profits quand ces banques en faisaient, pourquoi est-ce à eux de les renflouer quand elles perdent de l'argent ? Autre point, dans la crise des subprimes, un sacré nombre de personnes ont perdu le logement qu'ils n'arrivaient plus à rembourser et ce plan ne prévoit rien pour elles.

Concernant l'Europe, un journaliste suisse résumait assez bien la situation : malgré les promesses de tous nos gouvernements, le nuage du Tchernobyl financier ne va pas s'arrêter aux frontières. Il a déjà d'ailleurs traversé avec des nationalisations partielles des banques Dexia et Fortis. Il reconnaît que c'est dans le rôle des gouvernements européens de tenir des propos rassurants pour ne pas ajouter la panique à la crise, même si dans le cas du gouvernement français, avec un déficit budgétaire chronique, il n'y a aucune marge de manoeuvre.

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